Le bruit sous-marin nuit aux océans

Les océans n’ont jamais été un monde de silence. Le grondement de l’eau, le mouvement des poissons et des cétacés, les clics et les mugissements par lesquels ils communiquent entre eux, tout cela fait partie du paysage sonore naturel. Ce qui n’est pas naturel, c’est le bruit causé par les activités humaines.

La pollution sonore sous-marine incommode gravement les baleines, les dauphins, les marsouins et les autres mammifères marins. Le bruit causé par l’homme peut avoir des conséquences sévères, jusqu’à des saignements aux oreilles, au cerveau et aux autres organes vitaux. Puisqu’ils dépendent de leur ouïe pour se déplacer, interagir, chasser et se reproduire, les mammifères marins souffrent constamment de ces bruits parasites. Les dégâts sont invisibles la plupart du temps, puisque les animaux qui fuient ou qui meurent n’apparaissent pas à la surface. Mais il existe des preuves que les baleines à bec échouées sur les côtes irlandaises et écossaises l’été dernier ont été perturbées par le bruit des sonars militaires. Et le problème ne s’arrête pas aux cétacés : des études ont démontré que les poissons et d’autres espèces en pâtissent également.

A terre – et notamment dans les villes – il existe des réglementations pour nous protéger contre le vacarme des voitures, des avions, des sirènes et des activités industrielles. Mais il y a bien plus de bruit sous l’eau, puisqu’il se déplace plus vite et plus loin : les nuisances se diffusent sur des milliers de kilomètres. Chaque bateau en mer, que ce soit un navire de croisière ou un paquebot de transport des biens que nous achetons, émet un rugissement assourdissant. La prospection sismique pour l’exploration pétrolière ou gazière déclenche des explosions toutes les dix secondes pendant des semaines, voire des mois, pour détecter les gisements d'énergie fossile sous les fonds marins. Les sonars militaires qui servent à détecter les sous-marins ennemis produisent des crissements à vriller les tympans.

Nous pouvons tous agir en changeant nos habitudes, mais le grand changement viendra de nos gouvernements.

Nous appelons nos dirigeants à agir :

  • Pour réduire la vitesse des navires ;

  • Pour favoriser des technologies moins bruyantes ;

  • Pour créer des zones sans bruit dans les océans.

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